Conservation et Restauration de peinture


Le métier de conservateur-restaurateur respecte un code déontologique visant :

- L’état d’esprit du professionnel : collégialité, interdisciplinarité, formation continue aux nouvelles techniques…
- Les pratiques : minimalisme dans le choix des traitements, visibilité des interventions de restauration, documentation des analyses et interventions effectuées.
- Les matériaux : réversibilité et stabilité des matériaux de restauration.


La première étape est l’analyse. Elle permet de comprendre une œuvre dans sa globalité, c’est-à-dire, de manière iconographique (connaissance en histoire de l’art) et plastique (connaissance des matériaux) . Elle révèle sont histoire matérielle (sa création, son parcours à travers le temps, les accidents éventuels auxquels elle a été confronté). Elle se pratique par l’observation à l’œil nu des éléments constitutifs (marques et inscriptions souvent présentes sur le châssis ou le cadre, type de toile…) et grâce aux moyens d’analyse tels que les ultraviolets.

analyse d'un tableau infrarouge, lumière naturelle et ultra-violets

Analyse d’un tableau en infrarouge, lumière naturelle et ultra-violets.

analyse de l'arrière du tableau

Toutes ces observations sont recensées dans le constat d’état. Celui-ci permet d’établir un diagnostic des altérations, et ainsi, définir une proposition de traitement. Enfin le protocole de traitement est retranscrit et illustré par des photographies. Ceci compose le dossier de restauration qui est établi pour chaque commande à l’atelier. ( consulter le dossier de restauration d'une boîte à odeur du XVIIIème )



On distingue deux types d’interventions : celles de conservation et celles de restauration. Les premières permettent de pérenniser l’œuvre et de retarder au mieux le processus de dégradation. Il s’agit, par exemple, des travaux du support comme les consolidations de déchirures ou les refixages.

Réparation d'une toile


Un refixage permet de rétablir l’adhérence des couches de peintures en cas de soulèvements ou d’écaillage. Il nécessite de poser des papiers de protection sur la surface, puis d’apporter d’un adhésif par capillarité dans la stratigraphie. Le choix du papier et des adhésifs utilisés se fait en fonction des altérations, des matériaux et même des futures conditions de conservation de l’œuvre.

refixage


Les interventions de restauration permettent de rendre la lisibilité de l’œuvre en respectant son unité potentielle (regroupant son esthétique et sa vocation émise par l‘artiste au moment de la création et les apports du temps au cours de son histoire matérielle).

Certaines opérations sont à mi-chemin entre conservation et restauration, comme le retrait d’anciennes restaurations devenues inappropriées (anciennes retouches jaunies, repeints débordants sur la couche picturale…). Nettoyage, dévernissage et retrait d’anciens matériaux de restauration sont réalisés avec des tensio-actifs et solvants spécifiques. Des tests sont réalisés au préalable sur l’œuvre pour définir quels sont les produits efficaces, pour une action la moins invasive possible dans la structure de l’œuvre.

dévernissage de la moité droite d'un panneau

Dévernissage de la moitié droite du panneau.


dévernissage de la partie inférieure d'une boîte en bois

Dévernissage de la partie inférieure de la boîte.



découverte d'une première intention de l'artiste au nettoyage

Sur ce tableau, le dégagement des repeints à permis de mettre au jour la première composition de l’artiste.
Le repentir de l’artiste représentait le saint avec les mains ouvertes et non jointes.


Les interventions de restauration permettant de combler les lacunes de couche picturale sont les réintégrations structurelles (mastics) et chromatiques (retouches).

Le mastics utilisé peut être naturel (gesso à base de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon) ou synthétique. Il est nivelé puis structuré (imitation du grain de la toile, des coups de pinceaux, du réseau de craquelure…).

photo de craquelure


Les retouches sont réalisées avec des peintures à base de résines les rendant réversibles et stables dans le temps. Pour que la restauration puisse être distinguée de l’original sans perturber la bonne lecture de l’œuvre, la peinture est appliquée en glacis successifs (un ton plus clair et plus froid que l’original) ou en pointillisme. De près, la retouche doit être visible mais s’intégrer parfaitement de loin.




réstauration d'un tableau